Les petits jeunes étaient attendus. Ils n'ont pas déçu. A peine lancés dans le grand bain de l'équipe de France, la jeune garde a montré des qualités surprenantes. Lassana Diarra, Samir Nasri, Karim Benzema et Abou Diaby ont touché du doigt leur rêve. S'ils ont montré un réel potentiel qui leur permet de postuler, ils sont tous unanimes quant à la conduite à suivre pour revenir traîner leurs guêtres en équipe de France: il faudra travailler et briller en club. Une sagesse qui n'empêche pas l'ambition. Loin de là...
Brillants sur la pelouse du Stade de France, dotés d'un moral en acier et d'une volonté à toute épreuve, les jeunes pousses tricolores ont tout pour eux. A leur décharge, ils sont tous à bonne école en club puisque Diarra évolue à Chelsea, Abou Diaby à Arsenal, Nasri à Marseille et Benzema à Lyon... Quatre clubs qui leur permettent de se familiariser plus ou moins rapidement avec le très haut niveau. Les nouveaux appelés n'ont, en tout cas, pas eu besoin de période d'adaptation pour s'intégrer dans le groupe France.
Cette arrivée en masse aura forcément été un avantage. Car, outre la bande des quatre, on peut ajouter Frédéric Piquionne qui a également fêté sa première sélection contre l'Autriche, Rio Mavuba, six sélections au compteur et qui fait partie de la même génération (il est né en 84), ou encore François Clerc, cinq sélections, et Jérémy Toulalan, 2 sélections, tous les deux nés en 1983, et qui ne figurent pas vraiment dans la case "anciens". De même, Philippe Mexès, s'il a fêté sa première sélection il y a quelques années, n'aura 25 ans que demain et ne compte finalement que sept capes au compteur.
"Les anciens ont tout fait pour nous mettre en confiance. On doit jouer notre football et ne surtout pas se prendre la tête. Quand le sélectionneur t'appelle, il faut savoir saisir ta chance...", assure un Lassana Diarra particulièrement impressionnant. "Tout ceux qui sont là ont démontré quelque chose. Ils postulent", répond un Raymond Domenech forcément ravi de la prestation de ces gaillards qui élargissent son champ de possibilités pour l'avenir.
"Ils sont débrouillards, ils n'ont pas de pression et ils ont montré qu'ils ont les qualités pour revenir", assure Philippe Mexès qui pourrait bien côtoyer leur route pendant quelques années encore. Le défenseur romain représente cependant un excellent exemple de la difficulté de s'épanouir définitivement en Bleu. Si on imagine aujourd'hui qu'il possède toutes les qualités pour rester en Bleu, c'était déjà plus ou moins le cas il y a cinq lors de sa première cape...
Ne pas griller les étapes, continuer à travailler et bénéficier du brin de réussite pour saisir les opportunités. Le programme est clair et tous le savent pertinemment. "Je travaille tous les jours à fond. De plus, j'ai un bon groupe qui m'encadre et j'essaie de gravir les échelons tout doucement", explique le Lyonnais Karim Benzema qui a effectivement quelques joueurs d'expérience pour lui montrer la voie. Mais sur le terrain c'est lui qui fait la différence et le but inscrit contre l'Autriche revêt une importance certaine. "Sur l'action, je dis à Samir de me la mettre en retrait, d'attendre le dernier moment. Après, je fais un appel et j'y vais franchement. A l'arrivée, je marque avec de la réussite", explique-t-il tout sourire.
En réalisant une entrée fracassante, les petits nouveaux ont forcément marqué des points. Mais il ne faut pas oublier que la concurrence reste rude à tous les postes. Les retours des Henry, Trezeguet, Saha, Ribéry ou encore Vieira ne leur facilitera pas la tâche. "Il y a une hiérarchie à respecter. Les anciens ont fait quelque chose d'extraordinaire avec ce maillot. Ils ont été jusqu'en finale de la Coupe du monde. Je trouve normal qu'ils passent devant nous quand ils reviendront", répond Samir Nasir. Simple réserve d'usage ? Pas si sûr. Gravir les échelons un à un représente le meilleur moyen de ne pas se brûler les ailes...